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Opus 356

Ich Ruf zu Dir

undefineds Hapax
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undefineds 1999
undefineds 22 mn
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Inscriptions sur la page de titre: “En mémoire de mon père, mort le 20-XI-1999 pendant la composition de cette œuvre. Pour Alice Ader et son ensemble, grâce à qui elle a vu la vie.” Commande de Radio France Ich Ruf zu Dir a été joué en 2006 dans la salle Redcat du Walt Disney Concert Hall de Los Angeles par le clarinettiste William Powell, qui a connu Olivier en 1970 à Juilliard School. Manuscrit à l’encre, bien lisible. L’œuvre a été publiée par Hapax. ### Présentation d'Olivier Greif > Il s’agit de trois variations sur le choral de Luther “Ich ruf zu dir, Herr Jesu Christ” (Je T’appelle, Seigneur Jésus-Christ). Mais trois variations en creux, où n’apparaît jamais dans son intégrité le thème qui les engendre. Le premier volet – “Scream” (cri) – de ce triptyque furieux est une méditation sur le “rien”. J’ai voulu ici donner le sentiment d’un océan de silence d’où émergent peu à peu – toujours plus véhéments – des éléments sonores dérobés au vide, comme lentement conquis sur son emprise. > Ce qui n’est pas entendu importe autant que ce qui l’est. La musique tente de dire l’incapacité de dire, cet innommable si cher à Paul Celan, un sentiment d’effroi tel qu’il laisse littéralement sans voix. Le titre de ce mouvement est une allusion directe au tableau emblématique d’Edward Munch : le Cri. Le deuxième volet – “Roundabout” (manège) – est une tarentelle obsessionnelle dont le motif est composé de quatre notes extraites du choral de Luther. > Entre les deuxième et troisième volets de l’œuvre figure une brève section, comme une apparition, une vision, une hallucination – je l’appelle “Ghost” (fantôme) – , citant l’une des dernières pièces écrites par Mozart : l’“Adagio fûr Glasharmonika”, musique exsangue, désincarnée, surgie d’outre-tombe. Enfin, le troisième volet conclut l’œuvre sur une atmosphère statique, faite d’effets de résonance et d’une tentative (infructueuse) du choral de Luther de se reconstituer.